Obituary of
Mister DO / BERNARD NGO BA DO

Published on Tuesday 30 June 2026

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Mr. DO / BERNARD NGO BA DO

Mr. DO / BERNARD NGO BA DO

Born the 15 May 1948
Passed away on Tuesday 30 June 2026 at the age of 78
Domiciled in AVON

FONTAINEBLEAU
129 rue Grande
77300 Fontainebleau
01 64 70 87 27
fontainebleau@pfdefrance.com
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Nous,
Romain, Clara et Anne-Laure,
Son fils, sa petite-fille et sa belle-fille,

avons la tristesse de vous faire part du décès de

Monsieur Do Bernard NGO BA DO
survenu le mardi 30 juin 2026 à l'âge de 78 ans

Si vous souhaitez vous recueillir une dernière fois auprès de lui avant la fermeture du cercueil, la mise en bière est prévue le lundi 6 juillet à 10h30,
Chambre Funéraire Leblanc
5 rue de Provins - 77130 Montereau-Fault-Yonne

The cremation took place the Monday 6 July 2026 at 12h00
Crématorium du Pays de Montereau
2 rue de la Croix Saint-Jacques - 77130 Marolles-sur-Seine

A l'issue de la cérémonie, nous vous accueillerons pour un moment de partage convivial en sa mémoire à partir de 13h
au 20 rue des Justes - 77210 Avon

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Leave a message of condolence

  • Mes sincères condoléances à toute la famille.

    Je pense très fort à vous et à Tonton Do.
    Nous perdons un être cher, et je me souviendrai toujours de lui pour sa bonne humeur, sa sagesse et son humour, toujours prêt à faire une petite blague qui faisait sourire tout le monde.
    Je suis si contente d'avoir pu te voir l'année dernière autours d'un énième bobun à saint maurice avec toute la famille, ça restera un doux souvenir.

    Tu nous manqueras,
    Je vous embrasse très fort 🩷
    Lili

    Lili Hourlier
    Sunday 5 July 2026 at 22h31
  • Tonton Do était un homme fin, bon, gentil et plein de vie. Je garde précieusement toutes les conversations que j'ai eu avec lui, et notamment son humour incroyable. Il nous manquera beaucoup. Toutes mes condoléances à la famille, à qui je pense très fort. C'était un grand monsieur.

    Hourlier Eliott
    Sunday 5 July 2026 at 22h26
  • À toi Clara mai aussi Romain, Anne-Laure, tonton Doan, tonton Dien, toutes mes sincères condoléances. Même si nous nous sommes peu connus, je garde une pensée émue en ce moment difficile. Je pense fort à vous. Gros bisous.

    Rapoport Jules
    Sunday 5 July 2026 at 22h13
  • Cher Tonton Do,

    Tu es parti avant même qu'on puisse faire notre marathon... Lorsque j'ai appris ton départ, j'ai été terriblement touchée et d'un autre côté, je sais que c'était ton souhait. Nous avons tellement rigolé ensemble lors de notre dernière réunion l'année dernière. Saches que ton humeur, ton franc parlé et ton sourire vont terriblement me manquer.

    A Romain, Clara et Anne-Laure,

    Votre père / grand-père a marqué de son caractère la vie de beaucoup de personnes. Je sais combien cette épreuve est douloureuse et je vous présente toutes mes condoléances.
    Les mots me manquent pour exprimer ma peine, pour vous réconforter. Sachez que son souvenir restera gravé dans nos coeurs.

    Je vous envoie toute ma force et mon affection.

    NGO-HAUVILLE, Sarah
    Sunday 5 July 2026 at 21h36
  • Hommage à Tonton Do

    Alors que nous sommes tous aujourd’hui réunis pour rendre un dernier hommage à Do - Tonton Do pour beaucoup d’entre nous ici présents - je tenais à prendre la parole pour partager ma peine, notre peine à tous face à sa disparition.
    Pourtant avec son franc parler qui le caractérisait, nous savons tous que ça fait déjà des années qu’il souhaitait s’en aller, qu’il ne supportait pas de se voir diminué ainsi et que, comme sa grande sœur avant lui, il ne voulait surtout pas être un poids pour les siens, et surtout pour toi Romain, mais aussi pour toi Anne-Laure, et pour toi Clara, qui avaient tant fait pour l’entourer et lui rendre ses derniers jours les plus doux possibles et les plus confortables malgré sa santé qui déclinait.
    Nous l’avons tous entendu l’année dernière à Saint Maurice nous dire : « A quoi bon vivre comme ça, pour être un poids pour les autres ? A quoi ça sert… ? l’euthanasie devrait un droit pour tous d’en finir le moment venu. » Il y avait là certainement beaucoup de tristesse de se voir à son tour dépendant quand lui-même avait été un aidant, mais surtout un mari entièrement dévoué à sa femme, tata Hélène, sans que jamais nul ne l’ait entendu se plaindre de la difficulté que cela représentait de s’occuper d’elle H24 pendant toutes ces années où la maladie d’Alzheimer était entrée dans leurs vies et pesait certainement sur leur quotidien.
    Affirmer haut et fort sa volonté d’en finir, c’était peut-être une forme de fierté pour rester digne lorsque la maladie vous affaiblit au point de ne devenir que l’ombre de soi-même, pour s’affirmer et refuser que la maladie vous avilisse et vous éloigne de ce qu’on a été. J’imagine à quel point cela a dû être difficile pour lui de ne plus pouvoir s’exprimer, de ne plus être compris par les autres, et cette souffrance qui a été certainement la sienne ces derniers temps, doit tous nous aider aujourd’hui à accepter sa disparition …un soulagement pour lui face a une vie qui n’était plus que l’ombre de ce qu’elle avait été….. malgré tous nos efforts et surtout les vôtres Romain, Anne-Laure, Clara, Dien et Doan pour le soutenir dans ses derniers moments.
    J’imagine bien que pour vous tous qui avez déployé tant d’efforts pour adoucir son quotidien, c’était une forme d’injustice et un manque de reconnaissance de sa part mais je n’en crois rien car lui aussi, il avait avant vous, été un aidant, et mesurait certainement mieux que quiconque ce que cela représentait et il vous en était reconnaissant même s’il ne le disait pas avec des mots, pas très doué les NGO pour exprimer les sentiments on le sait...il voulait juste arrêter de vous causer des soucis. Mais c’est juste parce que tonton Do, c’était QUELQU’UN !
    C’était le plus diplômé de tous ses frères et sœur, celui qui avait fait les plus longues études, un DEA d’économie dont il était fier mais qui avait fait aussi la fierté de ses parents ou de sa sœur…celui qu’on donnait en exemple aux plus jeunes comme moi…celui aussi qui voulait nous encourager sur la voie des études par un petit billet donné discrètement à chaque diplôme obtenu parce que cela devait rester entre nous ces encouragements, c’était un don discret, juste pour nous, pas pour se faire valoir lui, mais juste pour nous inciter à continuer sur la bonne voie…
    C’était aussi un bel homme, au physique et à l’humour qui plaisaient aux femmes, ce dont je n’avais pas conscience même devenue adulte moi qui ne le voyais que comme un tonton, c’est seulement après notre mariage que j’ai réalisé le charme qu’il exerçait sur les femmes. Nous l’avions placé à une table avec ma mère, mais aussi ma belle-mère, sa sœur et ses copines et je me suis aperçue qu’il avait séduit toutes les femmes à sa table car je me souviens de ma belle-mère qui après notre mariage avait cherché à en savoir plus sur tonton Do, me questionnant sur lui pour savoir s’il était célibataire car elle et ses amies avaient été évidemment charmées par ce beau tonton. J’avais dû la décevoir en lui apprenant qu’il était marié, même si sa femme n’était pas venue à notre mariage.
    Aussi loin que je me souvienne, tonton Do, c’était un grand sourire, un positivisme à toute épreuve, déterminé à être heureux quelque soient les obstacles devant lui, quitte à cacher ou à minimiser les moments difficiles ou les difficultés de la vie qu’il rencontrait. J’ai l’impression d’avoir entendu mille fois Tonton Do dire « Y a qu’à », « tu n’ as qu’à ». Tout avait l’air si simple avec Tonton Do.
    Je le revois jeune homme à Mitry, lorsqu’encore étudiant, portant des cheveux longs, il habitait chez tonton Dien dans les chambres de l’étage qu’il partageait avec tonton Doan, et nous les enfants, ma sœur et moi, on nous disait de ne pas faire de bruit pour ne pas déranger tonton Do car il étudiait.
    Et un jour notre maman nous a dit que Tonton Do allait se marier avec une eurasienne et qu’on irait au mariage ! Son mariage avec tata Helene reste un grand souvenir pour moi qui étais encore enfant. Le premier mariage vietnamien auquel j’ai assisté. Qu'ils étaient beaux tes parents Romain, et ton papa rayonnant de bonheur ce soir-là ! Je revois ta maman, avec sa belle tunique vietnamienne rouge et son pantalon blanc traditionnel et sa coiffe jaune d’or, toute de soie vêtue, qu’elle était belle ! Je les revois main dans la main couper la pièce montée et nous offrir les petites figurines du couple de mariés qui surmontait le grand gâteau à étages.
    Je réentends aussi la voix de ta maman à ta naissance se plaindre de la douleur de l’enfantement et de sa décision catégorique de ne pas te faire de frère ou de sœur. Cela m’avait attristée pour toi et inquiétée en tant que petite fille et future mère. Je revois ton papa, si attentionné envers toi, Romain, un papa poule qui veillait a ce que tu boives ton verre de lait qui ferait de toi – il en était convaincu – un homme grand…Nous qui détestions le lait, on ne t’enviait pas de devoir boire ce grand verre de lait et pourtant – il avait peut-être raison car tu es certainement le plus grand de la famille Ngo…Depuis quelque temps il venait seul avec toi dans ses réunions du dimanche mais gardait sa bonne humeur de façade. Sa femme n’avait pas envie de venir, c’est pas grave, il venait seul avec son fils.
    Pour nous, c’était aussi le tonton qui obéissant à sa grande sœur se chargeait de nous raccompagner Boulevard Mortier les dimanches soir depuis Mitry après ces journées chez Tonton Dien - puis chez Ong et Ba - qui restent gravées dans ma mémoire comme des moments de joie en famille avec les cousins. Des après-midis de jeux avec Laurent, puis de cache-cache, toi Romain, en binôme avec Celine « les petits » pour vous éviter d’avoir peur du noir et pour compenser notre rapidité à nous les plus grands.
    Plus tard, j’ai deviné qu’il était surement très exigeant en tant que père, lorsqu’il minimisait la valeur de tes diplômes comparant les tiens et les nôtres ou les situations professionnelles des uns ou des autres… l’esprit de compet Tonton Do ! Il avait été le premier à ouvrir la voie des études brillantes, j’imagine que son fils devait l’être lui aussi et qu’il a certainement dû exercer une certaine pression pour ta réussite ! J’imagine aussi sa fierté vis-à-vis de toi, Clara, sa petite fille a cet égard.
    Une autre anecdote à ce sujet des études et montant son franc parler parfois dénué de tact…lorsqu’il a rencontré Marc mon petit copain et futur mari et homme de ma vie : « mais Zabelle, enfin, pourquoi tu sors avec un première année ?... tu devrais choisir un étudiant en 3e ou 4e année ! ». On en avait beaucoup ri avec Fanny et Marc après coup. Marc un peu moins bien sûr et qui, en représailles, l’appelait Tonton Input/Output suite à l’installation de la chaine stéréo chez nous.
    Tonton Doan nous avait donné sa chaine stéréo et Tonton Do avait été chargé par ma mère de nous l’amener Boulevard Mortier et de l’installer. Et celui-ci avait montré à Marc comment faire et lui parlait comme à un idiot, « enfin tu vois c’est facile, là c’est Output, là c’est Input, donc tu branches le Input là avec le Input là etc ». Marc qui adorait les imitations, nous a refait Tonton Do Input/Output pendant des années à notre plus grande joie.
    Une autre anecdote de son franc parler sans complaisance et sans pitié : A la naissance de mon fils Alexis, qui n’avait que 2 ou 3 mois, j’ai quand même eu droit à : « Bon ben c’est bien ce bébé mais il faut que tu perdes ces kilos Zabelle car tu as un peu de ventre. » comme si je ne le savais pas ! - « euh merci Tonton, euh tu sais, je viens d’accoucher il y a quelques mois seulement, donne-moi un peu de temps ».
    Bref un niveau d’exigence pour moi, qui ne suis que sa nièce qui me laisse deviner qu’il a certainement placé la barre très haut pour les siens plus proches… mais vous avez tous été à la hauteur et relevé le défi haut la main…je suis sûre qu’il a été très fiers de vous tous et heureux de se rapprocher de vous physiquement ces dernières années…
    Ces derniers temps, nos dernières rencontres chez Doan et Pat, chez Céline et William ou chez nous à Saint Maurice ont surement été une grande source de joie pour lui comme elles l’ont été pour nous tous, si heureux de voir l’enthousiasme de Clara sa petite fille découvrir cette grande famille vietnamienne qu’elle ne connaissait pas et sur laquelle elle pourra compter à l’avenir comme nous tous les uns pour les autres.

    isabelle HAUVILLE RAPOPORT
    Sunday 5 July 2026 at 19h18
  • Cher tonton Do,
    Lorsque Isabelle m'a appris ton départ, puis que Romain me l'a confirmé quelques jours plus tard, j'ai d'abord pensé à toi. À cette phrase que tu nous répétais depuis si longtemps : « Tu sais, Phanie, j'attends que l'euthanasie soit autorisée. Comme ça je pourrai en finir. Ce n'est pas la peine de continuer comme ça. Je serai un fardeau pour Romain. »
    Alors je me suis dit que, peut-être, tu étais enfin apaisé. Je savais combien la maladie te faisait souffrir. Elle t'avait volé peu à peu tes gestes, puis tes mots, toi qui aimais tant discuter avec nous, donner des conseils, raconter, expliquer. Cette vie-là n'était plus celle que tu voulais.
    Mais très vite les souvenirs sont revenus. Des souvenirs heureux. Ceux de notre enfance, de notre jeunesse, de nos vies d'adultes. Et avec eux est montée cette peine immense qui s'installe doucement dans le cœur, qui vous submerge sans prévenir et vous fait pleurer malgré vous.
    Aujourd'hui, alors que nous sommes réunis pour te rendre hommage, entourés de Romain, d'Anne-Laure, de Clara, de tonton Dien et de tonton Doan, j'avais simplement envie de te dire merci. Merci pour l'oncle extraordinaire que tu as été pour Isabelle et pour moi. Parce qu'il y a des personnes qui laissent derrière elles bien plus que des souvenirs : elles laissent une manière d'aimer, de vivre et de regarder les autres. Tu étais de celles-là.
    Nous t’avons toujours connu, dès toute petite, tu étais là, un des 3 jeunes frères de notre mère, celui du milieu, quand Dien était l’aîné et Doan le plus jeune ; nous allions à Mitry chez Dien et Michelle, pour le rendez-vous familial dominical qui faisait tant plaisir à tous et toujours tu étais là.
    Et même mieux tu étais notre chauffeur attitré. Notre mère, profitant de son statut de sœur aînée t’intimait l’ordre de venir nous chercher, parce qu’elle n’avait pas de voiture et tu n’avais pas le choix : il te revenait de nous conduire à Mitry « sur le thème, tu peux bien aller chercher les filles, c’est sur ton chemin ! ». Ca faisant quand même un détour, mais il ne t’est jamais venu à l’idée de dire non, parce que tu étais si bienveillant qu’il te paraissait normal de conduire tes jeunes nièces à l’aller comme au retour. Pas une fois, nous t’avons entendu te plaindre, et pourtant que de temps passé dans les embouteillages interminables où l’on somnolait sur la banquette arrière, nous avons passé des heures et des heures ensemble et jamais au grand jamais tu ne t’es emporté ou même plaint de cette corvée de ramener les filles. Au contraire, tu nous posais des questions sur notre père, savoir si on allait bien, des questions sur l’école, nous répétant sans relâche combien c’était important et l’on buvait tes paroles, parce que l’on savait que dans notre famille vietnamienne, tu avais été le plus brillant, celui qui a fait des études supérieures à une époque où les études étaient rares et qui avait réussi. Notre mère l’avait dit, tu étais Cadre A dans l’administration, c’était le Graal !
    Tu nous trouvait petites et nous répétais que c’était parce que l’on ne buvait pas assez de lait et qu’il fallait boire du lait. Mais nous, le lait on n’aimait pas ça tonton Do, on écoutait poliment mais on n’en faisait rien. Et puis tu es tombé amoureux de tata Hélène, une très belle eurasienne et tu t’es marié. Ce fut pour Zabelle et moi, la première fois où nous assistions à un mariage vietnamien et nous n’avions jamais vu plus belle mariée. Même si la robe rouge nous paraissait étrange, comme la coiffe de de dizaine de mètres de satin d’or enroulée, notre mère nous avait expliquées que c’était ainsi au Vietnam. Et quelle magnifique mariée, elle était et toi tu rayonnais à ses côtés, n’en revenant pas qu’elle t’ait dit oui, omettant que tu étais un bel homme et brillant qui plus est. Et puis Romain est né, tu étais si fier d’avoir un fils et si heureux aussi. Il fallait t’en réjouir car tu n’en aurais qu’un, tata Hélène avait dit que c’était trop difficile d’accoucher et qu’elle n’en aurait qu’un. Nous, nous savions que tu aurais aimé avoir plusieurs enfants, ton cœur était assez grand pour en accueillir d’autres, mais tu aimais tant ta femme que tu respectais son choix, aussi as-tu tout donné à Romain, concentrant tous tes efforts et ton amour sur lui.
    Et Romain a dû boire du lait, et beaucoup de lait même, désormais à Mitry le dimanche s’il avait soif, tu lui disais : « Tu n’as qu’à boire du lait ! » Et cela nous faisait rire, car Romain, lui au moins écoutait et buvait sagement son lait. Mais au fond tonton, quand on voit que Romain est devenu le plus grand de notre génération, et qu’il a bu beaucoup de lait, on l’aura compris, tu avais peut-être bien raison !
    Tu as continué à venir nous chercher et à nous ramener chez nous, même si tu avais un fils, tu aimais toujours tes nièces et continuai de nous dire d’être gentilles avec notre père qui nous élevait seul et de bien travailler à l’école. On a écouté, toutes les 2 nous avons fait des études supérieures. Mais ce qui est amusant chez toi, c’est que tu n’étais pas complaisant, tu avais ton franc parler et disais sans détour le fonds de tes pensées. Par exemple « bon, Phanie, ton père il est faible et il a un problème d’alcool mais il vous aime et fait ce qu’il peut, alors il faut être gentilles avec lui ». C’étaient les bons conseils de notre tonton Do, à consommer sans modération.
    Tata Hélène ne venait plus à Mitry, il y avait une grande rivalité entre elle et notre mère, je crois que chacune voulait être la plus belle, ce qui est assez futile mais elles se disputaient beaucoup tandis que notre gentille tata Michelle était au milieu à tenter d’ apaiser les 2 camps. Tata Hélène n’a plus voulu venir à Mitry, certainement pour ne plus rencontrer cette belle-sœur honnie et tu as dit avec ton pragmatisme coutumier « qu’est-ce que vous voulez les filles, elles ne s’entendent pas, c’est comme cela, tant pis » et tu as fait avec, comme toujours avec ta bienveillance naturelle. Tu as continué de venir seul avec Romain à Mitry et tu te comportais avec lui comme un gentil papa célibataire qui s’occupe de tout. De le changer, de cuisiner pour lui, de veiller à ce qu’il boive bien son lait et cela nous touchait car nous aussi nous étions élevé par un papa tout seul. Nous, on jouait entre cousins, de grandes parties de cache-cache où l’on mettait Céline et Romain ensemble à 2, car c’étaient les petits, pour nous chercher Isabelle, Phanie et Laurent, les grands. Tu nous regardais attendri quand on poussait la moto électrique de Laurent qui ne fonctionnait plus depuis longtemps, avec chaque cousin, chacun son tour, cherchant à nous griser de vitesse à la force de nos bras, dans les allées cimentées du jardin de Mitry.
    Et au retour dans les embouteillages, il ne fallait pas qu’on n’oublie de bien travailler à l’école et d’écouter notre père.
    Nous avons grandi. A l’adolescence, Isabelle a fait la connaissance de Marc, elle avait 17 ans et ils étaient amoureux. Un jour notre mère avait décidé de nous donner sa vieille chaîne hi-fi car nous n’avions qu’un tourne-disque et évidemment, elle a appelé son jeune frère pour lui dire « tu peux bien aller déposer la chaîne Hi-fi chez les filles quand même ». Et comme toujours, tu ne pouvais rien lui refuser, en tant que sœur aînée, c’est ainsi que tu as porté la chaîne Bd Mortier chez nous et entrepris d’en expliquer le fonctionnement à Marc. A tes yeux, un truc à expliquer à un garçon, sauf que chez nous, c’est Isabelle le garçon qui sait le mieux brancher les appareils, Marc était dépassé, mais tu ne le savais pas. Tandis que tu lui expliquais : « Tu vois, c’est simple, là tu appuies sur ce bouton ; c’est input ; et sur celui-là c’est output, c’est très simple. Et comme Marc ne semblait rien comprendre, tu as repris patiemment l’explication, ici, « input » et là « output », c’est pourtant simple, avant d’élever les yeux au ciel désespéré par ce garçon limité. Marc a bien senti ce jour-là que tu le prenais pour un « demeuré » ce qui nous a bien fait rire, depuis Marc nous dirait, tonton Do ? Ah oui, tonton input, output !
    Isabelle est entrée à l’Université, elle était toujours avec Marc et tu lui as dit, « mais pourquoi, tu choisis une première année ? Tu es jolie, tu devrais prendre un 3ème ou 4ème année, c’est plus sûr pour l’avenir ». Et de ta part, cela ne nous a pas étonné, cela nous a fait rire, ce franc parler sincère et déroutant, nous y étions habituées. Tu m’as félicité aussi pour mes études d’archéologie et d’Histoire, « c’est bien Phanie», tu étais heureux que nous fassions des études : nous n’avions pas écouté pour le lait, mais pour l’école, oui, tonton Do on a fait ce qu’il fallait. Et Marc est devenu cadre supérieur aux Nations Unies, tu as oublié l’épisode de la chaîne hi-fi.
    Nous nous sommes mariés et avons eu des enfants, Romain s’est marié avec Anne-Laure. Tu étais très heureux d’avoir une belle-fille très intelligente, qui avait fait de grandes études -tu l’avais souligné avec admiration, elle est ingénieure, grande ingénieure ! Et moi j’étais très heureuse pour Romain d’avoir rencontré sa moitié, parce qu’en plus Anne-Laure était hyper sympa. Et puis Clara est née, et tu es devenu PapiDo. Un papi aimant, gâteux devant sa petite fille, à qui, j’en étais sûre, il recommanderait de boire du lait et de faire de grandes études.
    Tata Hélène qui était très belle mais n’avait pas un caractère facile, a eu des différents avec sa belle-fille, elle ne voulait plus y aller et comme auparavant PapiDo tout seul à continuer à aller chez Anne-Laure et Romain pour profiter de sa belle petite Clara, comme avant quand il allait seul à Mitry.
    Tonton Do a toujours été très proches de tonton Dien et de tonton Doan, les 3 frères soudés, toujours heureux de se voir, mais si pudiques pour exprimer leurs sentiments. Et juste au-dessus il y avait notre mère, qui faisait les 400 coups, qu’il fallait néanmoins toujours aider et pardonner mais qu’ils aimaient quand même, parce que c’était leur grande sœur. Mais pour moi, les 3 tontons étaient inséparables, même s’ils avaient d’autres frères, le lien qui unissait ces 3 là était vraiment particulier. Il n’était pas fait de mots, mais de présence et d’échanges, de promesses tacites, d’être toujours là les uns pour les autres et puis ils étaient tous 3 un exemple pour moi, d’hommes droits, loyaux, fidèles, dévoués à leur épouse unique et papas exemplaires, aimant inconditionnellement leurs enfants. Et lorsqu’on a connu une enfance chaotique comme la nôtre, avoir des repères et de belles valeurs partagées comme celles de nos tontons et de nos grands-parents nous a permis de grandir bien.
    La vie est passée et nous a séparés un temps, mais jamais dans notre cœur.
    Celine et William nous ont reçu, il y a quelques années, j’étais avec Lili ma fille et il y avait tata Hélène qui souffrait déjà d’Alzheimer et l’a prise pour moi (elle ne m’avait connue que jeune et ne pouvait pas me reconnaître, et Lili s’est laissée gentiment appeler Stéphanie toute cette après-midi-là, pour faire plaisir à Tonton Do). Tonton Do veillait sur tata Hélène, il avait dit « ce n’est pas grave, laisse-la faire ». Je t’ai retrouvé tonton Do, alors, dédramatisant toujours, comme lorsque j’étais enfant, si gentil, si bienveillant.
    Je garde un souvenir ému de ce jour-là, tu étais toujours beau avec tes cheveux gris, toujours grand et droit, à peine marqué par l’âge et tu m’as soudain dit : « au fait, je voulais te dire Phanie, Bravo !
    « et moi de répondre : « mais bravo de quoi, tonton ? », « et bien bravo pour ton parcours, pour tes études, tu es chef d’entreprise, tu fais des films qui passent à la télévision avec ton mari, alors tu as réussi et je suis très fier de toi. De toute façon, tu as toujours été intelligente » . Et j’en ai été stupéfaite, j’ai réalisé que personne dans la famille ne m’avait jamais dit cela, pas même ma mère qui se trompait de profession, ou par pudeur, ni même mon père, ni mes grands-parents, mais toi, tonton Do tu avais su me faire ces compliments auxquels je ne m’attendais absolument pas et j’en ai été extrêmement touchée, je ne savais pas que l’on pouvait me voir ainsi, ni même être fier de moi.
    Et tu n’as pas changé, tu es resté aussi cash dans ta façon de parler, t’adressant à Céline un peu plus tard : ‘ne t’étonne pas si tu vois tata Hélène, en train de ramasser toutes les serviettes en papier du déjeuner, pour les mettre dans sa poche ou dans son sac, comme un trésor. C’est sa maladie, il faut la laisser faire, ça lui fait plaisir. ». Et tu veillais sur ton épouse, en mari dévoué, si bon pour elle jusqu’à la fin, t’épuisant à ranger une armoire, qu’elle vidait consciencieusement chaque jour parce qu’elle cherchait un foulard, une robe, sans lui en tenir rigueur, patient et gentil comme toujours quitte à t’épuiser.
    Et puis tata Hélène est partie, et nous pensions que tu allais être un peu soulagé, allait pouvoir vivre paisiblement dans ta maison du Touquet à laquelle tu étais attaché, mais hélas le répit serait de courte durée : la maladie t’attendait déjà tapie dans l’ombre, prête à frapper. Elle t’a faite trembler, de plus en plus puis elle a pris tes mots, tes mouvements jusqu’à ta vie. J’en ai eu grande peine comme tous ceux qui t’aiment, c’était si injuste après tout ce que tu avais déjà subi. Fort heureusement Romain, Anne-Laure et Clara ont été très présents à tes côtés, te soutenant, allant jusqu’à acheter un appartement plus spacieux et plus confortable près d’eux afin de pouvoir être là pour toi. Alors tonton, tu as eu de la chance d’avoir un fils très aimant, une belle-fille si dévouée et une petite fille qui t’aime fort, fait de grandes études et cherche à mieux comprendre ses racines vietnamiennes grâce à toi.
    Merci, tonton, pour tout ce que tu nous as transmis. Merci pour ton amour, ta bienveillance, tes conseils, ton franc-parler et cette droiture qui t'ont accompagné toute ta vie. Tu nous manqueras beaucoup.
    Tu nous as appris qu'il fallait prendre soin des siens, travailler avec sérieux, rester fidèle à ceux qu'on aime... et, bien sûr, boire du lait.
    Nous continuerons à nous retrouver, à partager des banh cuon, des nems, du riz, du nuoc-mâm, à raconter tes histoires et à rire de tes expressions. Ainsi, d'une certaine façon, tu continueras d'être parmi nous.
    Je t'aime très fort. Au revoir, tonton Do.
    Phanie

    HAUVILLE HOURLIER Stéhanie
    Sunday 5 July 2026 at 17h07
  • Odile et Philippe, nous vous confirmons nos sincères condoléances et nos regrets de ne pouvoir être présents aux obsèques de notre beau frère Do ,
    Les souvenirs sont lointains mais nous nous rappelons toujours que
    Do est quelqu'un de très gai et joyeux.
    Encore une fois nous sommes pleinement avec vous et vos proches pour ces moments douloureux.

    Odile et Philippe Dallemagne
    Thursday 2 July 2026 at 16h31
  • Thành thật chia buồn cùng gia đình trước nỗi buồn , cầu nguyện hương hồn của anh sớm tiêu diêu nơi miền cực lạc .

    Martine & Ninh
    Wednesday 1 July 2026 at 18h22

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